Monnaie : en parcourant les journaux ce matin, voilà ce sur quoi nous « tombons ». La surprise n’est totale que pour qui se fait principe de ne jamais se méfier. Dors petit troupeau, maman Marianne veille sur toi de son grand sourire carnassier à peine voilé (euh…caché… « padamalgame » : 500mgr/jour). En ce qui concerne la minorité pensante, c’est-à-dire celle dont les petites diodes témoins d’activité cérébrale sont allumées, le recoupement d’infos s’impose régulièrement. Réfléchissons simplement sur deux exemples :

1 – Attentats (surprise et fulgurant ?) = état d’urgence = fiches S et autres facilités de flicage pénal qui apparaissent, dans un contexte de surveillance générale déjà accru (caméras, contraventions par des forces de l’ordre soumise à la pression de la rentabilité, permis dur à obtenir, flicage de la pensée, censure des sujets de réflexion historique…etc.)

2 – Fraude (concerne une minorité) = prévision de la disparition du liquide (concerne la majorité « honnête ») = billet de 500 euros dégagé par la BCE qui parle d’une action ponctuelle (qui ne se rattache donc pas un plan). Un banquier qui ne planifie pas ??? Ouh là là… Contradictoire. Mais, si on ne pourra plus mettre de sous dans nos bas, coffres-forts personnels etc. : qu’ y mettrons-nous ?

Lu pour vous ce matin dans Présent :

Relier une réunion de travail au siège de la Banque Centrale Européenne, une rencontre au sommet entre dirigeants des grandes banques d’affaires londoniennes, une note d’analyse destinée aux plus hauts cadres de la CIA, l’assassinat d’un leader djihadiste en Syrie, un attentat meurtrier dans les rues de Paris, un échange de bons procédés entre services français et russes, la renégociation d’un contrat gazier entre deux pays d’Europe centrale et une seconde réunion de travail au siège de la BCE

Après l’annonce par la Banque centrale européenne (BCE) de la suppression du billet de 500 euros qui ne sera plus imprimé dès 2018, nombreux sont les observateurs à s’interroger sur l’éventuelle émer­gence à venir d’un monde sans ar­gent liquide. Bien entendu, la BCE jure, la main sur le cœur, juste au-dessus du portefeuille, qu’il n’en est aucunement question et que la me­sure ne représente qu’une contribu­tion à la lutte contre la grande délin­quance, les trafics en tous genres et, plus généralement, les activités illi­cites.

Pourtant, difficile de ne pas recou­per cette décision de suppression de la coupure de 500 euros d’orienta­tions et de prises de position conver­gentes au-delà de nos frontières. Dès 2013, par exemple, le gouverne­ment de Tel-Aviv mettait en place un comité chargé d’étudier la faisa­bilité d’une disparition programmée de l’argent liquide. 1538214-20-banques-europeennes-qui-mettent-l-economie-mondiale-en-dangerLe gouverne­ment australien a annoncé, tout à fait officiellement son intention de supprimer les espèces pour 2022 tandis que la Norvège l’envisage pour 2020, en écho à une proposi­tion de deux cents de leurs établisse­ments financiers. Les exemples abondent de cette volonté affichée d’en finir avec les espèces sonnantes et trébuchantes et même l’une des plus importantes banques d’affaires au monde, la JP Morgan Chase re­fuse aujourd’hui les dépôts d’argent dans ses coffres. Une banque et pas des moindres refusant l’argent de ses clients dans ses propres coffres, voici qui en dit long et devrait nous inter­peller.

Traçabilité totale

valorisation-risque-krach-bancaireD’ailleurs, différentes mesures li­mitent déjà, progressivement, les possibilités d’utilisation des espèces monétaires. Ainsi le plafond fixé à 1 000 euros en France pour les paie­ments en argent liquide et l’impossi­bilité de retirer plus de 300 euros dans les distributeurs de billets sont autant d’indices d’une volonté du système bancaire de limiter leurs clients dans l’utilisation de leur propre argent. Cette mort annoncée du billet de 500 euros n’est vraisem­blablement que la première étape d’une disparition de l’argent liquide avant l’imposition généralisée des moyens de paiement numérique, fut-ce pour un euro, et notamment du porte-monnaie électronique. C’est la garantie pour les gouverne­ments d’un flicage absolu, intégral, d’une traçabilité aussi sure que le numérique.

bad-bank-578x260La lutte contre les fraudes et délits divers a certes bon dos et offre un alibi convenable mais comment ne pas pressentir que la suppression de l’argent liquide constitue une at­teinte intolérable aux libertés indivi­duelles et met le citoyen à la merci totale des gouvernements et des banques. Celui-ci ne disposera plus concrètement, techniquement, de son argent et se verra contraint de transférer l’ensemble de ses actifs au système bancaire. Il n’est pas anodin que rebondisse ce projet de numéri­sation complète de l’argent peu après l’émergence dans le débat pu­blic d’une anomalie, d’une mons­truosité même, celle des taux d’inté­rêt négatifs. Le bas de laine de nos aïeux, la latte amovible du plancher ou le dessous du matelas risque­raient de redevenir, sinon un place­ment rentable, tout au moins la ga­rantie de préserver ses économies.

banque-faillite-degradation-note-fitch-danger-epargne-argentPar ailleurs, le tout-numérique remettra les pleins pouvoirs aux mains des banquiers disposant du curseur de la consommation et leur permet­tant, au gré des conjonctures, de fa­ciliter ou d’entraver la consomma­tion. Une taxation accrue des avoirs permet de favoriser la consomma­tion et vice-versa, comme a pu l’ex­périmenter le système bancaire chy­priote encouragé par l’apathie des ci­toyens. La leçon semble avoir été comprise par la finance internatio­nale. Cette dictature des banques a, maintes fois, été dénoncée et expli­quée par Pierre Jovanovic et quelques autres mais il serait grand temps, urgent même, que les plus courageux des prétendants à la car­rière politique s’intéressent de plus près à la question.

Arnaud Raffard de Brienne

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Présent, mercredi 11 mai 2016, n°8605, p. 1.

Sortir de l’Euro : douloureux, mais nécessaire.
Eh oui, il y a une histoire de ces banques…
Vous y trouverez un témoignage intéressant concernant la mondialisation réelle…

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