1 avril 2016

Abandonner le CDD : réelle solution ?

Par Lectures Francaises

Le CDD à l’abandon ?

Quand l’économie est redéfinie par l’idéologie utopiste des héritiers rouges de la Révolution de 89 et de 17, elle devient une finalité et le père de famille n’est plus qu’une unité comptable affectée à un « centre de profit » qui décide sur des critères économiques seulement, de la nature des contrats les plus adaptés au bien commun de l’entreprise définit comme le capital d’investissement. Le pire dans l’histoire, c’est que les responsables d’entreprise les plus honnêtes (s’il en reste) n’y peuvent plus rien. Il faut suivre monsieur Deming, les génies autoproclamés du « power-development » et leurs « process » d’amélioration continue qui part sur le faux principe « made in High School » que l’évolution est nécessairement ascendante. depression-824998_960_720La remise en question permanente (« brainstorming » en français s’il vous plaît) est abêtissante : elle donne des burn-out, des neurasthéniques, des robots de chair à l’honneur professionnel désincarné.

À en juger par les retours en usine, on court après une excellence bien moins liée à la vie des familles assurée par la qualité du produit vendu, qu’à celle des « process de fab » qui serviront en S.A.V à justifier la qualité par le respect du projet initial, pondu par un bac+7 sans expérience du terrain, que l’on congédiera quelques mois plus tard.  On croit à un cauchemar. Regardons à quoi cela mène ci-dessous : le symptôme de la fausse bonne idée, c’est à dire bonne, mais réalisable uniquement dans une entreprise dont le Bien commun est éminemment thomiste. On en est loin : cela s’appelait la Corporation.

Lu pour vous ce matin dans « Les 4 Vérités ».

20151212-Brainstorming_communication_skills_training_(2)S’il y a un constat que chacun peu faire, c’est que la vie des entreprises n’est pas un « long fleuve tran­quille »… La globalisation, les nouveaux modèles économiques, la con­currence ou les technologies les amènent en permanence à ac­célérer, ralentir, s’adapter, tester ou corriger, afin de se dévelop­per, voire, simplement, de survi­vre pour certaines.

C’est cette réalité qui me sem­blait avoir été comprise par le gouvernement. C’est sur cette base que nous sommes nomb­reux à avoir soutenu le projet de loi « travail ».

2000px-Roue_de_Deming.svgEn proposant une surtaxation du CDD (Contrat à Durée Dé­terminée), sans proposer de nouvelles formes de contrats de travail, la loi perdrait son princi­pal attrait. Celui qui donne de la souplesse aux entrepreneurs pour les inci­ter à prendre le risque « d’accé­lérer », plutôt que de se résoud­re à « ralentir ». De plus, cette surtaxation ne leur laisserait comme marge de souplesse que le recours à l’in­térim qui a le double désavan­tage d’être une forme de travail très précaire et de leur coûter très cher.

2000px-PDCA_Cycle_FR.svgNotons enfin que les majora­tions de cotisations déjà appli­cables aux CDD n’ont eu aucun effet pour limiter le développe­ment de ce contrat. Cette évolution remettrait, en tout cas, en cause mon soutien à ce texte. Plutôt que de surtaxer le CDD, abandonnons-le et transfor­mons le CDI (Contrat à Durée Indéterminée) pour en faire un contrat plus souple pour les entreprises et moins précaire pour les salariés.

Je propose de créer un contrat de référence, inspiré du CDI actuel, avec néanmoins trois variantes: le CDI traditionnel, le CDI de projet et le CDI d’inter­mittence.

15531955577_fc2e6f15f2_bLes CDI « de projet » et « d’intermittence » permettraient aux entreprises de bénéficier d’une formule souple, soit pour s’a­dapter aux projets, aux sur­chauffes d’activité ou aux mis­sions, soit pour répondre à l’in­termittence de certaines fonc­tions, comme celles liées au spectacle ou aux activités sai­sonnières.

Jean-Christophe Fromantin

Député-maire de Neuilly-sur-Seine (92)