Le 1er décembre dernier, au premier tour, a été élu président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Patrick Bernasconi, jusque-là vice-président du Medef. Sa candidature a été soute nue par un collectif de vingt organisations, dont la presque totalité du patronat et quatre syndicats réformistes : CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA. Il a été élu par 131 voix contre 63 au président sortant, Jean-Paul Delevoye, qui a aussitôt démissionné du CESE.

Le parcours de M. Bernasconi est connu.

Il est né dans la Manche en 1955, a obtenu le diplôme de l’Ecole spéciale des travaux publics avant de prendre la tête de l’entreprise familiale spécialisée dans les canalisations. Il prit ensuite des responsabilités dans la puissante Fédération nationale des Travaux publics (FNTP), y développa l’apprentis-sage et entra au Medef. Contrairement à d’autres patrons, ce père de quatre enfants, amateur d’opéra et de golf, a le contact facile, est courtois, presque timide, favorable au dialogue social. Toujours est-il qu’il est apprécié des syndicats.
Son ascension s’explique aussi par le fait qu’il devint en 2005, le bras droit de Laurence Parisot. Par la suite, il fut de ceux qui, au Medef, s’opposèrent fermement à celle-ci quand, en 2013, elle désira changer les règles pour obtenir un nouveau mandat. En janvier de cette même année, M. Bernasconi était parvenu à un accord « historique » avec les syndicats, sur la sécurisation de l’emploi signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC. Tout avait été discuté avant avec les principaux dirigeants syndicaux. Pour la réforme souhaitée du CESE, son entregent lui sera bien utile.

Jean-Paul Delevoye

Je reviens une minute sur son concurrent pour la dernière élection. Nous avons déjà donné à nos lecteurs quelques renseignements sur Jean-Paul Delevoye.

Ex-Médiateur, chiraquien fidèle et conséquent, ce politicien de métier est très proche de la Franc-Maçonnerie : régulièrement invité en loges pour des remises de médailles et autres agapes, il est un exemple parfait du « Maçon sans tablier » comme son mentor Chirac. Il a ainsi soutenu des candidats PS dans le département du Pas-de-Calais.

Devenu le président de l’influent groupe de pression qu’est l’Association des maires de France, il prit position contre le F.N. Son nom restera pour « l’affaire de la pétition de 2013 ». Les opposants à la loi Taubira sur le « mariage » homo lancèrent, comme la loi constitutionnelle de 2008 le permet, une pétition pour signifier légalement leur refus. Cette pétition doit obtenir 500 000 signatures pour être acceptée par l’organisme qui en est chargé : le CESE. Il y eut plus de 700 000 signatures apportées au Conseil économique, social et environnemental.

Le président en fonction, M. Delevoye, sembla avoir été pris de court. Il demanda même conseil au premier ministre socialiste ! Finalement la réponse du CESE fut un refus. Avec une « justification » vaseuse de mauvais juriste. La pétition, a dit M. Delevoye est « irréprochable dans la forme », mais « irrecevable sur le fond ». Au prétexte, fut-il expliqué, que le Conseil ne pouvait pas s’opposer à une loi adoptée par le Parlement.
Alors que le CESE, selon la Constitution, n’a pas autorité pour statuer sur le fond ! On ne le lui demandait pas. On ne s’étonnera pas que quelques milliers de personnes aient pu être, in petto, amusées du dernier petit échec mondain de Jean-Paul Delevoye.

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