Les médias et la Haute finance, par Pascal Bernardin

Henry Coston nous a quitté mais son oeuvre demeure. Au delà des formules convenues, cette disparition nous amène à nous interroger sur notre héritage intellectuel et sur l’usage que nous en faisons.

Henry Coston a assuré le lien entre les penseurs contre-révolutionnaires et anti-maçonniques des siècles passés et nos générations. Mesure-t-on toujours ce que la droite doit au fondateur de Lectures françaises ? Sans sa ténacité, les travaux irremplaçables de nos prédécesseurs seraient tombés dans l’oubli, nous condamnant à assister à la destruction de notre civilisation et des nations chrétiennes sans en comprendre l’origine. Si nous pouvons aujourd’hui étudier la manoeuvre de nos ennemis, puis éventuellement nous y opposer, c’est grâce aux outils intellectuels qu’il nous a transmis, grâce aux analyses lumineuses qu’il a reprises, développées et amplifiées. Les financiers qui mènent le monde livre des clefs nécessaires à la compréhension des phénomènes révolutionnaires des siècles précédents et, plus encore, du processus révolutionnaire majeur qui ébranle aujourd’hui notre planète : le mondialisme se développe dans un contexte qui présente, extérieurement, bien des différences avec la situation de guerre froide qui régnait quand Les financiers qui mènent le monde fut écrit. Pourtant, nombre de ses principales caractéristiques figuraient déjà dans l’oeuvre majeure de Henry Coston : soumission des pouvoirs politique et médiatique au pouvoir financier ; création de conflits pour faire progresser la Révolution mondiale ; utilisation de synarchies mondialistes (Trilatérale, Bildeberg) ; lutte contre la prétendue surpopulation etc. Et même les « avancées » conceptuelles, politiques, sociologiques et financières les plus récentes que le mondialisme exploite aujou-d’hui et que Henry Coston ne pouvait connaître se trouvaient en germe dans les analyses qu’il nous a données. L’émergence de ce pouvoir mondial n’est, en dernière analyse, que la convergence des forces révolutionnaires occultes, capitalistes et communistes qu’il étudiait et dont il montrait déjà les liens. La politique écologique des institutions internationales en est un cas d’école : à la fois ultra-libérale et collectiviste, elle véhicule surtout une conception païenne de Dieu, de l’homme et de la Nature, prélude à l’instauration d’une spiritualité globale. Les travaux de Henry Coston sont donc la base indispensable sans laquelle les analyses ultérieures resteraient incomplètes.

Mais au delà du travail intellectuel, Henry Coston nous a livré une leçon de courage et de méthode. De courage : « Désespérer ? Quelle démence ! » De méthode, en portant ses coups au coeur du système, en créant un outil médiatique, Lectures françaises, sans lequel nous naviguerions dans le brouillard à proximité des écueils. Convaincu, par ses travaux, de l’influence fondamentale des media, Henry Coston a créé l’un des seuls à assurer aujourd’hui la diffusion d’une pensée libre. Mais il nous a également appris que sans moyens financiers, les media tombent rapidement en servage que les analyses les plus brillantes restent lettre mortes et que l’héritage des siècles précédents est en périle de mort. Puissions-nous méditer cette double leçon : les outils financiers au service d’une influence médiatique.

Pascal Bernardin

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