Home Actualité Un professeur condamné pour diffamation envers un établissement musulman

Un professeur condamné pour diffamation envers un établissement musulman

0
Un professeur condamné pour diffamation envers un établissement musulman

Soufiane Zitouni, professeur de philosophie, qui avait eu le courage, en février dernier, de critiquer, dans les pages de Libération, le lycée musulman Averroès de Lille, a été condamné, le 4 septembre, par le tribunal de police, pour diffamation non publique et injure non publique. Cet enseignant de 48 ans, accusait les responsables de l’établissement scolaire musulman sous contrat, créé en 2003, de pratiquer un « double jeu », en enseignant « de manière sournoise et pernicieuse une conception de l’islam qui n’est rien d’autre que l’islamisme » 1. Pour répondre au bouillant philosophe, l’avocat du lycée s’appuya sur des échanges de mails du professeur avec des collègues et décida de saisir le tribunal de police plutôt que le tribunal correctionnel (une action en diffamation publique peut prendre des années).

A l’audience, le professeur donna quelques exemples : le refus « épidermique » des élèves à la théorie de l’évolution de Darwin, les positions pro-Hamas de certains professeurs, la prescription, par un imam lors du prêche de vendredi, du port du voile comme « obligation religieuse » ! Le tribunal, ayant estimé que le professeur n’avait pas de preuves de ce qu’il avançait (sic), l’a condamné à 10 euros d’amende pour les faits de diffamation, 10 euros pour injures, 1 euro pour les dommages et intérêts ; il devra aussi payer les frais de procédures.

Il a refusé de prendre un avocat et a fait appel. Il a déclaré à la presse que, derrière ce lycée, « il y a les Frères musulmans. Le but de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) est d’avoir le leadership de l’enseignement musulman en France » (Le Monde, 07/09/2015). A noter qu’à la suite de l’affaire, le rectorat avait, lui aussi, montré une prudence de Sioux lorsqu’il rédigea, en février, un rapport d’inspection où l’on peut lire que le lycée respectait globalement les termes de son contrat avec l’État. Il notait, néanmoins, une « confusion entre l’enseignement d’« éthique musulmane » (?) et la philosophie.

Nous avons connaissance d’inspections autrement plus sévères dans des établissements sous contrat ou hors contrat, mais catholiques…

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Abonnez-vous gratuitement à notre lettre d’information, en remplissant le formulaire : 

[sibwp_form id=1]