Voilà plus de deux ans que la cote de confiance du président Hollande n’est pas remontée au-dessus de 23 %. Certes, ces prises de températures, présentées comme populaires mais effectuées par des spécialistes aguerris, continuent de créer bien des doutes quant à leur objectivité mais les politiciens et leurs partis ne cessent de dépenser des fortunes pour « avoir (leur) chiffre » comme disait Napoléon III.

Sondage après sondage, se confirme l’absence de confiance de nos concitoyens à l’égard de François Hollande. Et Dieu sait qu’il ne néglige aucun moyen, aucune propagande, aucune « stratégie de communication ». Bénéficiant des relais de ses amis des media, il multiplie les déplacements en France comme à l’étranger, se mêle aux foules qui s’en amusent et prennent des « ego-portraits» 1 – comme le disent justement en français les Québé­cois –, pratiques qui, en réalité, le desservent, il s’implique souvent à contretemps dans les événements extérieurs, suscite sur les chaînes de télévision la diffusion des documentaires flatteurs.

Rien n’y fait. Contrairement à l’an dernier, il n’y a pas eu de nouveaux scandales personnels ou politiques. Cependant, il a encore perdu 3 points entre juillet et octobre. La confiance dans M. Hollande se limite à 16 % des Français, l’absence de confiance monte à 82 %. Même si, sans raisons rationnelles, tel sondage peut frémir à la hausse. Pire, note Le Figaro (01/10/2015), « les sympathisants socialistes qui lui font confiance, le cœur de son électorat, redeviennent minoritaires (44 % contre 53 %) ».

Bien qu’il ait réussi à écarter les autres candidatures éventuelles de son camp, cette étiquette de président « le plus impopulaire de la Ve République » pourrait le pénaliser 2. Mais il serait hasardeux d’en extrapoler une défaite socialiste aux présidentielles. Il importe d’abord de débarrasser la France de la nomenklatura qui prospère dans les fonctions régionales et autres, là où se créent des bases électorales pouvant durer. Ce que la gauche a soigneusement cultivé durant des décennies. De plus, elle compte sur un changement de ligne politique que les « audaces » iconoclastes de Macron préfigurent afin, durant l’année à venir, d’essayer de rallier des abstentionnistes, des sceptiques, des déçus, des craintifs, ceux que la propagande va mettre « en garde » contre le « danger » FN.

N’oublions pas que l’argument joue à plein sur les démocrates chrétiens, les centristes, certains gaullistes de gauche. N’oublions pas davantage que se prépare ouvertement un éventuel « joker » socialiste : Manuel Valls qui, dans le dernier sondage, est crédité de 33 % de confiance de la part des Français.

S’ils ignorent les chiffres exacts du dernier budget de plein exercice préparé pour 2016, nos compatriotes sont conscients de quelques vérités. Ce budget est bâti sur une prévision de croissance de 1,5 % en 2016 après 1 % en 2015, grâce à des facteurs favorables pour notre économie : la baisse du prix du pétrole, le taux de change euro/dollar, les taux d’intérêt bas. Comme cette année, le gouvernement table sur une forte consommation des ménages et un net rebond des investissements des entreprises. Certes, il fait des promesses en sachant qu’il ne pourra les tenir : par exemple le déficit ramené à 3 % du PIB en 2017. En dépit du strict régime imposé aux ministères et aux agences, on ne peut cacher que la progression annuelle de la dépense publique reste autour de 2,5 % par an alors qu’elle devrait être de 1,3 %. Ce ne sont pas les quelques économies sur l’APL – 225 millions d’euros prévus en 2016 alors que cette dépense augmente chaque année de 400 millions –, pas plus que la baisse des dotations des collectivités locales, qui changeront la donne.

Ni la croissance, ni la confiance qui lui est associée, ne semblent en vue. A part un éventuel énorme scandale bien médiatisé contre la droite nationale, on voit mal quels arguments suffiront pour rallier derrière Pédalo 1er l’ensemble des électeurs se reconnaissant de gauche.

1 – Ce que les Français « qui parlent la langue de l’occupant, appellent “ selfies ” » (J.-P. Brighelli).

2 – Même le lapsus proféré en plein Parlement européen, le 8 octobre, semble être passé par pertes et profits. Parlant de la France, il a bredouillé : « Ce pays pour lequel je n’ai pas du respect » ! (sic).

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