Lecture : la solution existe

Depuis des décennies, les méthodes d’apprentissage de la lecture au primaire ont suscité des querelles passionnées. Les tenants des méthodes « actives », « nouvelles », n’avaient que mépris à l’encontre des méthodes analytiques, syllabiques ou plutôt alphasyllabique qui pourtant avaient appris à lire à des générations de Français.

A la suite de 68, les élèves-instituteurs des écoles normales se firent les chauds diffuseurs de la nouveauté (semi-globale, en fait idéovisuelle) et très vite apparut la conséquence : l’école primaire était devenue « la fabrique des dyslexiques » avant de descendre plus bas et devenir « la fabrique des crétins ».

Et comme l’Éducation nationale est une énorme machine, non seulement très lente à manœuvrer, du fait des troubles que crée un léger changement dans une structure d’un million de fonctionnaires, mais aussi par la place qu’y occupent syndicats, coteries pédagogiques et militants de gauche aussi, les responsables politiques évitèrent d’y toucher.

Le temps est passé. Devant le désastre, certains instituteurs et enseignants ou quelques familles osèrent revenir discrètement aux anciennes méthodes que les orthophonistes ont continué d’utiliser pour corriger les troubles du langage.

N’entrons pas dans les détails. Ce qu’il faut savoir c’est que derrière les choix de méthodes dites progressistes, on trouve clairement des intentions politiques et sociologiques. Très particulièrement celles de marxistes et de Bourdieu qui, à l’instar de tous les révolutionnaires, s’en prit à la notion de « reproduction des hiérarchies sociales » et à la place de la famille dans l’éducation. Cette utopie égalitaire est en partie à la base des méthodes progressistes « basées sur de nobles objectifs : autonomie du jeune lecteur, sens du texte… » (Libération).

Seulement la réalité finit toujours par bousculer « l’idéal ». Deux sociologues, Sandrine Garcia, professeur en scien­ces de l’éducation et Claudine Oller, ont fait paraître récemment Réapprendre à lire (Ed. du Seuil), dans lequel elles ont le courage de dénoncer le catéchisme officiel. Elles ont travaillé trois ans sur une école de ville moyenne, une école dotée de deux professeurs du Rased (Réseau d’aide spécialisé aux élèves en difficulté), et d’autres, « très investis ». La méthode choisie dans l’école reposait sur des « devinettes », soit un système déductif (idéovisuel) qui mettait en échec beaucoup d’enfants, avec des mots à mémoriser par cœur.

Devant le résultat, les sociologues proposèrent une méthode « explicite » alphabétique appuyées sur des exercices gradués et répétitifs ; avec un entraînement supplémentaire pour les élèves qui trébuchaient encore. Ce qui doit rappeler des choses à nos lecteurs. Cela a marché. Les auteurs concluent ce que beaucoup de parents de bon sens avaient constaté : les méthodes progressistes censées lutter contre les effets des inégalités sociales, les renforcent au contraire.

Anne-Claudine Oller et Sandrine Garcia «Il y a une instrumentalisation politique de l’apprentissage de la lecture» (Interview)

Sandrine Garcia doit être félicitée pour son courage. Bien qu’ancienne élève de Pierre Bourdieu, elle conteste ses prises de position « pédagogistes ». Dans Le Monde du 28/08/2015, elle a déclaré : « L’apprentissage de la lecture a été excessivement politisé et repose sur des croyances que l’on ne peut remettre en cause sous prétexte qu’elles ne seraient pas conforme au progressisme politique tel qu’il est défini par des acteurs qui s’en considèrent comme les dépositaires. On aboutit à ce constat que le progressisme n’est pas toujours associé à ce qui fait progresser les élèves, mais à ce qui a été construit et imposé comme « pédagogiquement de gauche. »

C’est donc par aveuglement idéologique de lutte des classes que l’on persiste à fabriquer des dyslexiques. Qui donnera le coup de balai indispensable ?

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