Les ventes d’armes de la France

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Les plus anciens se souviennent qu’en 1981, Mitterrand tint à condition­ner sa présence au Salon aéronautique du Bourget au désarmement des avions présents. Hollande mène, sur ce chapitre, une politique complètement oppo­sée. Depuis le début de son quinquennat, les commandes militaires à l’exportation sont passées de 4,8 milliards d’euros en 2012 à 8,2 milliards en 2014. Cette année, sur les seuls premiers mois, elles dépassaient 12 milliards d’euros.

Les industriels et les financiers en sont à envisager d’autres succès qui pousseraient la France de la quatrième place (qu’elle occupe habituellement) à la deuxième (celle de la Russie). Cela s’explique par les contrats passés avec l’Égypte et le Qatar. Il est connu que l’État a serré le budget de la Défense. Aussi cherche-t-il à assurer des débouchés à son industrie d’armement. Soit 4000 entreprises employant quelque 165 000 personnes hautement qualifiées.

Trouver des nouveaux marchés

Pour garantir un niveau minimum de production, l’État a décidé d’acheter onze Rafale par an. Or la loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit un arrêt progressif de cette « solution ». Il faut en conséquence trouver des marchés. Sur la méthode de démarchage, on a noté la différence entre Sarkozy et Hollande. Le premier aimait les annonces anticipées et tonitruantes avant d’admettre l’échec. Le président socialiste a la chance d’avoir un ministre de la Défense discret et compétent qui entretient longtemps à l’avance des liens avec les clients éventuels.

Il parle de partenariat, ce qui plaît aux interlocuteurs, notamment ceux du Moyen-Orient, de l’Inde et du Brésil. Mais la négociation des contrats proprement dits est confiée aux industries directement concernées en accord avec la Direction générale de l’armement. Depuis les volte-face d’Obama en 2013 sur l’intervention en Syrie puis après son « lâcha­ge » en Égypte de son allié Moubarak, le crédit des Américains a connu un sérieux affaissement.

Néanmoins, il y a des limites dans cette politique de préférence industrielle sur les besoins des armées françaises. Là aussi, M. Hollande risque, dans les mois qui viennent, de pousser sa pratique de la procrastination trop loin. En campagne électorale, on refuse de tenir compte d’économies, de baisse de la dette et des déficits.

De toute façon, dans la course aux exportations, la France reste encore loin des premiers, les États-Unis qui contrôlent la majorité des marchés variant entre l’équivalent de 54 milliards et 72 milliards d’euros.

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