En s’alignant sur les positions de Washington à l’encontre de la Russie, le président français ne semble pas en avoir prévu les conséquences. Il a décidé des sanctions commerciales qui coûtent très cher aux agriculteurs et éleveurs français. Et il se retrouve avec, sur les bras, deux bâtiments de guerre de type Mistral, en partie payés par l’acheteur russe qu’il faut rembourser et dédommager pour le dédit.

Outre une grosse erreur diplomatique qui, une fois de plus, ridiculise la parole de la France, M. Hollande et son gouvernement s’entêtent dans leurs estimations fantaisistes. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait indiqué que le montant exact de la somme versée par la France à la Russie serait inférieur au prix d’achat initial de 1,2 milliard d’euros. Plusieurs spécialistes avaient aussitôt douté et souligné les oublis des calculs gouvernementaux (notamment J-D. Merchet dans L’Opinion, dès février dernier).

Car il n’y a pas que le prix du bâtiment. Dans le contrat, avaient été prévus des frais variés auxquels s’engageait la France. Le Canard enchaîné (du 12/08/2015) a repris ces objections et donné quelques pistes. Les Russes avaient avancé 896 millions d’euros qu’il faut rembourser. Plus les « frais engagés pour aménager le port de Vladivostok » (pour accueillir les nouveaux bâtiments), plus « l’adaptation en version maritime de 32 hélicoptères de type K52 emmenés par les navires », plus la formation de 400 marins. Total intermédiaire proche d’un milliard.

Mais les dettes de la France ne s’arrêtent pas là. L’Etat doit verser sa marge au vendeur public la DCNS : vraisemblablement 350 millions. Sans oublier une grosse somme pour la restitution par la France de la « totalité des équipements électroni-ques des deux navires » à la Russie. Et puisque le gouvernement nous a expliqué, avec un mouvement du menton et un air fiérot, que les navires « intéresseraient » d’autres pays, il faudra de toute façon remplacer les équipements électroniques manquants. Tous ces travaux sont estimés à 200 millions d’euros.

L’annulation de ce contrat a entraîné des « manques à gagner » que dresse l’hebdomadaire satirique : nos grandes sociétés de l’électronique et de l’armement, DCNS, Thales, Safran doivent « faire une croix sur un contrat de plus d’un demi-milliard d’euros ». Les chantiers de Saint-Nazaire perdent ainsi « au moins 400 millions d’euros d’activité ». Coût de gardiennage et maintenance du Vladivostok et du Sebastopol : 5 millions par mois. Soit 60 millions d’euros par an, à la charge de la DCNS et de l’Etat. Il semblerait que jusqu’à présent la Russie n’ait pas réclamé de dommages et intérêts… ce qui pourrait faire quelques milliards de plus.

Total des pertes français pour l’instant : plus de 2 milliards d’euros. Merci Flanby.

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