Divisions à la tête du mouvement taliban

Quand, l’an dernier, à la suite du départ des troupes de l’OTAN, on apprit le désir du nouveau président afghan Ashraf Ghani, de négocier avec les talibans, beaucoup se désolaient devant cette sorte de victoire morale des terroristes. Quelle pouvait être la marge de manœuvre du chef de l’Etat (voir notre n° 693) ? La donne a changé un peu, le 29 juillet dernier, avec l’annonce de la mort du mollah Omar, chef spirituel et historique du mouvement taliban. Aussitôt ont éclaté des rivalités internes, accompagnées d’attentats après la nomination le lendemain du mollah Mansour comme successeur d’Omar. Des attaques-suicides, des véhicules transformés en bombes ont explosé en se soldant par des dizaines de morts et près de 250 blessés. Puis, toujours à Kaboul, trois autres opérations (le 7 août), une avec attaque suicide, contre un camp des forces spéciales américaines près de l’aéroport (1 mort américain), une autre contre l’académie de police (26 morts, 28 blessés), et le lendemain, dans le nord du pays, une troisième attaque suicide contre une milice locale anti-talibane (une cinquantaine de morts).

Dans un texte publié par la revue mondialiste, liée à la Trilatérale, Foreign Affairs, un analyste de l’ONU estime – ou espère ? – que va s’élargir une ligne de fracture reflétant l’opposition ouverte entre Mansour et le fils du mollah Omar, le mollah Yacoub, qui est allié à l’ancien bras droit de son père, le mollah Barabar. Le combat des chefs et des sous-chefs va se poursuivre, alimenté par des réseaux tortueux d’argent et d’armes. Craignons cependant que ne se mette en place une internationale polycéphale des djihadistes.


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