Les djihadistes français en Syrie

Selon le dernier bilan, fin juillet, du ministère de l’Intérieur, depuis le début du conflit, 910 « Français » ont rejoint les troupes de l’Etat islamique (EI) en Syrie. Fin juillet, 494 étaient toujours sur place et 126 y avaient perdu la vie, soit le constat qu’un djihadiste « français » sur sept est mort en Syrie. Pour l’essentiel ce sont des hommes. Sur les 158 « Françaises » actuellement sur place, une seule aurait succombé des suites d’une maladie. Sur les 16 adolescents partis, 5 ont trouvé la mort tant vantée par la propagande.

Le taux de mortalité de Français en Syrie a atteint une moyenne de sept décès mensuels depuis janvier. Il semblerait que les frappes aériennes de la coalition y soient pour beaucoup. Sur les 25 000 combattants étrangers dans la zone irako-syrienne, la France serait – avec la Russie, le Maroc et la Tunisie – dans le « cercle très fermé » des pays non frontaliers avec la Syrie ou de l’Irak dont la contribution totale approche le millier d’hommes.

Cependant les statistiques peuvent dire un peu ce que l’on veut. Rapportée au nombre d’habitants, la France n’arrive qu’en 13e position du palmarès morbide. Un point intéressant néanmoins est à souli­gner : selon les experts, sans le renfort des volontaires étrangers, les troupes de l’EI auraient perdu la bataille (?). L’EI s’intéresse à la France parce qu’elle abrite la plus grosse communauté musulmane d’Europe. Donc un fort pourcentage potentiel de recrutement et les attentats des derniers trimestres l’ont prouvé… sans amalgame.

Les irresponsables qui, depuis près de quarante ans, ont permis, par absence de volonté ou de capacité, ces afflux incontrôlés auront des comptes à rendre… mais il sera trop tard. Actuellement, les candidats au djihad sont attirés (L.F. nous en a déjà parlé) par trois canaux : les réseaux sociaux, les revues en ligne et les vidéos. Les revues – la plus « célèbre » est Dabiq – ont d’abord été publiées en anglais, désormais elles paraissent en arabe, allemand et français. En décembre 2014, l’EI a diffusé une nouvelle revue, Dar al-Islam Demeure de l’islam») en français.

Il est connu que le vecteur le plus « efficace » est la vidéo et ses scènes insoutenables d’égorgements. A plusieurs reprises ont été mis en scènes des Français convertis faisant de la propagande entre deux décapitations. Oui, notre pays est un vivier pour ces criminels. Ils donnent conseils et encouragements à les rejoindre, ou à commettre des attentats en France.

Dans l’ouvrage paru aux Editions de Paris, Gestion de la barbarie, on trouve des conseils prati­ques qui sont suivis d’effets. Ainsi les futurs djihadistes sont incités à s’inscrire dans les salles d’arts martiaux, mais aussi à s’engager dans la police, l’armée ou être employés dans les services de sécurité. De bonne sour-ce, celle des services de renseignement, une dizaine d’anciens militaires français d’origine maghrébine (sauf un) sont passés dans les troupes islamistes.

Leurs parcours sont connus : engagement court (trois ou quatre ans) dans l’armée, travail dans une société de sécurité, parfois au Moyen Orient, puis clandestinité avant d’être repérés dans le Golfe persique, au Yemen, en Syrie…Les formations qu’ils ont suivies en France et ailleurs (armes, explosifs, réseaux, techniques de sabotage…) les rendent très dangereux y compris en France où ils peuvent revenir clandestinement ou y envoyer des jeunes formés par leur soin. Mais attention ! « Padamalgam »…


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