C’est, de façon très résumée, le parcours d’une jeune dame de 44 ans, ambitieuse et pressée, Virginie Calmels, « repérée » par Alain Juppé qui cache de moins en moins qu’il la verrait parfaitement à la tête de la « Grande A-quitaine » ou à sa place comme maire de Bordeaux, quand, lui, serait à l’Elysée ; ce dernier point étant fort contesté par certains de ses « amis républicains ».

Entrée en politique

Alain Juppé proposa, l’an dernier, à cette femme d’affaires d’entrer en politique. Elle accepta sans hésiter longtemps. Elle est d’ailleurs coutumière de ces décisions rapi­des vers des responsabilités nouvelles. Par sa formation, elle est plutôt une experte financière : ESC Toulouse, expertise-comptable, commissaire aux comptes. Elle s’est mariée à vingt-cinq ans et a quitté son mari quelques années après.

Sur incitation de Denis Olivennes et Christian Kozar, elle a travaillé dans de grosses structures liées au monde de la télévision. Selon la formule, elle a « partagé la vie d’hommes politiques centristes comme Christian Blanc, député (Nouveau Centre) des Yvelines, ou le conseiller de Paris (UMP), François-David Cravenne, père de ses deux enfants, qui a travaillé avec Edouard Balladur, Luc Chatel ou Christian Estrosi. Ce qui explique que les magazines « pipeuls » aient titré à propos de Mme Calmels : une « femme libre » !

Professionnellement, elle a donc progressé dans les sociétés d’audiovisuel: Numéricable, puis dans une « start-up » située à Amsterdam, avant de revenir à Paris en 2000 pour entrer à Canal+. En quelques années, elle s’imposa dans cette société comme un des dirigeants financiers les plus « efficaces » : suite à des plans sociaux jugés impitoyables, elle acquit une réputation de « dureté ». Ce qui joua pour sa nomination au poste de directrice générale de Canal+ et du groupe audiovisuel Endemol Monde (7000 salariés, 1,4 milliard de chiffre d’affaires).

Membre du cercle mondialiste Le Siècle

Etant toujours membre des con-seils d’administration de Free et de Technicolor, ainsi que présidente du conseil de surveillance d’Euro Disney, Virginie Calmels avait constaté l’influence du cercle mondialiste huppé Le Siècle. Elle en est devenue membre et partage sa vie entre Paris et Bordeaux. En effet, depuis l’an dernier, elle a répon­du aux perspectives politiques brossées par Alain Juppé qui la fit élire sur sa liste municipale. En mai dernier, M. Juppé l’a propulsée premier adjoint chargé de l’économie, de l’emploi et de la croissance durable.

Tête de liste des « Républicains »

Elle fait désormais partie du cercle étroit que le maire de Bordeaux consulte régulièrement pour préparer la primaire en vue de la présidentielle de 2017. Il l’a désignée comme tête de liste des « Républicains » (LR) aux régionales pour affron­ter les ténors de la gauche du Sud-Ouest. Au parti, plusieurs ne cachent pas leur critique contre les « arrogances » d’Alain Juppé qui a imposé son adjointe au dernier moment.

Les augures prêtent à celle-ci peu de chance, mais elle est pugnace et peut compter sur des proches à l’UMP-Républicains, Brice Hortefeux ou Christian Estrosi. Elle a tissé des liens avec les patrons de la région et met en avance, pour servir l’Aquitaine, son expertise économique. Cela ne suffira pas dans une région aux choix souvent clientélistes et émotionnels.

Les socialistes ont réagi en faisant intervenir leurs réseaux maçonniques locaux pour susciter, au sein des Républicains, des candidats de division. En revanche jusqu’à cet été, les media « cajolent » cette femme d’influence. Juppé peut-il imposer sa protégée à la commission d’investiture ?

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.