Il s’agit surtout des primaires de « droite » qui donnent déjà un aspect de fouillis. Aux dires des spécialistes, il faut au moins 500 000 euros « pour jouer dans la cour des grands ». Or le parti présidé par Sarkozy (devenu « Les Républicains », LR !), étant endetté d’environ 70 millions d’euros, il fut signifié aux candidats ayant les premiers annoncé leurs désirs, que le parti ne donne­ra rien. Il s’agit d’Alain Juppé, François Fillon et Bruno Le Maire. Obligation a donc été pour ces derniers de constituer un micro-parti pour avoir une association de financement.

Dès la fin du printemps, le maire de Bordeaux, qui a reconnu que son micro-parti « France moderne » n’avait que 14 700 eu-ros en caisse, avait fait ses plans et entamé une sorte de tournée des popotes. En prospectant des hommes d’affaires et des cadres expatriés en commençant en mai par l’Amérique du Nord (New York, Montréal), puis à Londres. Marie Guévenoux, ex-présidente des Jeunes UMP, est aujourd’hui chargée de collecter les fonds d’Alain Juppé. Elle a affirmé avoir récolté en six mois près de 600 000 euros auprès de 4000 personnes. Ce qui permet au candidat de pronostiquer le million à la fin de l’année et le double l’an prochain.

Ses camarades dans la compétition ont avoué à peu près les mêmes sommes et effectuent les mêmes marathons pour répandre leurs sermons et quêter. Ils visent les personnes capables de donner discrètement des chèques de 7500 euros, le maximum autorisé par la loi en un an. Pour cela il est indispensable d’avoir des amis dotés d’agendas bien remplis. Ce qui, très démocratiquement, semble plus aisé pour les riches que pour les autres. Il sera intéressant de voir si les autorités compétentes seront aussi vigilantes sur les comptes de la gauche qu’elle l’a été sur ceux du FN et de la droite sarkozienne.

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