La Fondation est dotée de 43,5 milliards de dollars d’actifs.

Cette année sont fêtés les quinze ans de la Fondation Gates qui se consacre en grande partie à la philanthropie médicale. Rattachée à l’immense siège de Seattle, elle subventionne des experts de toutes spécialités : 1500 médecins, économistes, ingénieurs, « humanitaires ». Ils doivent proposer les meilleures stratégies pour lutter contre les maladies et la pauvreté. Immen­se objectif. Leurs moyens sont illimités. Bill Gates, le fondateur de Microsoft et le milliardaire Warren Buffet ont donné « une grande partie » de leur fortune, ce qui explique que la Fondation soit dotée de 43,5 milliards de dollars d’actifs, ce qui en fait la fondation la plus riche et la plus influente du monde. Les grandes organisa tions internationales, (par exemple l’OMS), le Fonds mondial ou la plupart des ONG, cherchent son partenariat. Bill Gates est considéré désormais comme une sorte de ministre mondialiste. Il est invité dans toutes les réunions discrètes des puissants de notre temps. Il manque rarement celle de Davos, il a rencontré M. Hollande en juillet avant le sommet sur le financement du développement à Addis Abeba…

La Fondation insiste sur son organisation pragmatique : « Ici on ne déci­de pas avec des émotions, mais avec des faits » lit-on sur de grands panneaux. Tout est calculé de près, en liaison avec un institut de recherche lié à l’université de Washington, (Institute for Health Metrics and Evaluation – IHME). En 2000, furent arrêtés des objectifs de développement. Par exemple en faveur des vaccins : en mettant 750 millions de dollars, dans GAVI, une organisation finançant l’achat de vaccins pour les pays les plus pauvres. Les Etats-Unis et d’autres pays dont la France, ont suivi, ce qui a permis d’arriver à un budget de 10,2 milliards de dollars. Selon GAVI, 500 millions d’enfants ont été vaccinés (on estime que 8 millions d’entre eux auraient ainsi été sauvés).

Depuis quarante ans, une autre organisation, située à Seattle, est une sorte de laboratoire. Il s’agit du Path (Program for Appropriate Technology in Health) qui avec 300 millions de dollars de budget annuel, finance les vaccins et des médicaments. Un des grands projets est de trouver un vaccin contre le paludisme ; pour cet objectif un budget de 456 millions de dollars lui a été alloué. Cette prédilection de Bill Gates pour les vaccins laisse de nombreux experts sceptiques. Néanmoins les ONG et les laboratoires ne boudent pas du tout la fondation de Bill et Melinda Gates. En 2012, le Path les a convaincus d’investir dans la recherche contre dix maladies négligées.

Mais l’argent ne fait pas tout : en dix ans, 1 milliard a été investi dans une série de « grands défis » d’où n’est sortie aucune innovation majeure. Le point fort de la Fondation c’est encore une fois son pragmatisme. Elle fait régulièrement des bilans d’efficacité et reconnaît ses erreurs. Dernièrement elle s’est penchée sur la distribu­tion des médicaments dans les pharmacies avec un système d’accréditation des officines (lancé en Tanzanie) pour lutter contre les contrefaçons et s’assurer que les patients sont correctement conseillés. En juin dernier, Melinda Gates a investi 776 millions de dollars pour lutter contre la malnutrition.

On constate que la Fondation a considérablement étendu ses activités. A l’origine elle encourageait la recherche. Aujour- d’hui, tout en continuant de financer celle-ci, elle s’implique dans toute la chaîne jusqu’à la vérification de l’emploi des médicaments. En 2011, elle a dépensé 2,2 milliards de dollars pour des projets dans les pays pauvres. Soit cinq fois moins que les Etats-Unis, mais autant que la Royaume-Uni (la France a donné 870 millions). Pour cette année, la Fondation Gates envisage de dépenser 5 milliards, « soit près de deux fois plus que l’OMS » (Le Monde, 23/06/2015).

Les grandes fondations philanthropiques sont nées au XIXe siècle. Elles ont financé des écoles, des universités, des centres de recherches. La philosophie qu’elles suivent est universaliste, interventionniste. Celles créées par Ford ou Rockefeller utilisent le prêt plutôt que le don. C’est le cas pour celle de Gates. Historiquement, ce fut l’instauration des droits de succession en 1936, qui poussa la famille Ford à créer sa fondation. La famille gardait le contrôle de l’entreprise, tout en échappant aux droits de succession. Mais il fallait investir dans des « grandes causes ». La loi leur interdit de s’occuper de politique mais en pratique, elles interviennent. Tant aux Etats-Unis où elles financent des campagnes électorales, pas directement pour un candidat mais en subventionnant des interventions dites d’ « éducation » et des « laboratoires d’idées » très influents, qui eux ont choisi leur candidat. Ce qui permet aux fondations et leurs « think-tanks » d’intervenir dans d’autres pays.

Il s’agit clairement de manœuvres de groupes de pression dont la plupart sont ardemment mondialistes. Leurs moyens et les alliances financières leur donnent des pouvoirs supérieurs à ceux des dirigeants politiques. Robert Sebbag, un responsable de Sanofi, a comparé la Fondation Gates « à une OMS bis, mais plus efficace, avec Bill Gates comme chef d’Etat mondial de la santé. ». Ce qui n’est pas particulièrement rassurant.

Cet article a 1 commentaire

  1. bienvenue kientega

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