logo_anasLors de son assemblée générale, l’Association nationale d’action sociale (ANAS) des personnels de la police nationale et du ministère de l’Intérieur, a présenté un déficit de plus de 1,1 million d’euros pour l’exercice 2014, somme qui s’ajoute au déficit de 2013, soit 287 000 pour 2013. La commission de contrôle financier dont quelques éléments ont été cités dans les gazettes, justifie ce trou brutal en parlant pudiquement de « situation conjoncturelle » et engage l’ANAS à « réagir ».

Mais silence sur son ancien président,  « Frère Jo », Joaquin Masanet (voir L.F. n° 695, 696) mis en examen pour un chapelet de motifs : « trafic d’influence », « faux et usage de faux », « abus de confiance aggravé ». Nonobstant, on peine à croire qu’il n’y ait aucun rapport entre son cas et le million de déficit.

L’ANAS qui revendique 21 000 adhérents, gère des centres de vacances et verse des pensions aux veuves de policiers. Subventionnée par le ministère de l’Intérieur par la mise à disposition de son personnel jusqu’à 2,7 millions d’euros, elle a été lourdement critiquée dans le rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Est dénoncé un fonctionnement jugé peu « démocratique » : les statuts de l’association sont laissés de côté ; les membres du bureau national étaient réélus sans avoir aucun candidat concurrent. Entre amis proches, entre frères, pourquoi s’embarrasser de chichis ?

Ce qui, selon les inspecteurs, entraînait des « dérives ». Le plus grave ne serait pas les  « avances de frais » dont bénéficiait Jo Masanet, soit 17 550 euros dont 12150 n’ont toujours pas été remboursés. Non, ce qui est dénoncé c’est le fait que « Jo » décidait seul du choix des entrepreneurs chargés des travaux dans les centres puis faisait valider son choix par le bureau national. Ce qui entraînait des marges substantielles par rapport aux devis. Une piscine construite en 2013 dans un centre de vacance devait, selon le devis, coûter 697 613 euros. Il y eut des travaux supplémentaires et on est arrivé à une facture de 987 759 euros (Le Monde, 17/05/2015).

Ce fut le commissaire aux comptes qui dénonça l’affaire au procureur de Paris. Selon l’enquête, il apparut qu’on peut toujours s’arranger : si l’association réglait les factures de surévaluations, le promoteur du projet établissait des chèques à l’ordre de M. Masanet pour 13 500 euros. Ce dernier a été accusé de ce fait de « détournement d’une somme surfacturée à l’ANAS de 298 500 euros » qui correspond au surcoût. Gros mangeur, M. Masanet se faisait rembourser en moyenne près de 200 euros chaque repas. Somme totale indue : 60 000 euros. Avec semble-t-il des notes de frais de complaisance. Attendons l’audience.

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