Sabotage du latin et du grec par Mme Vallaud-Belkacem

Presque tout (et bien plus que cela, parfois…) a été dit et commenté au sujet de la « réforme » des études des langues anciennes (grec et latin) que veut imposer Mme Vallaud-Belkacem. Notre confrère Monde et vie a récemment publié le contenu d’un entretien avec Laurent Garnier (professeur de latin dans un grand lycée parisien), en conclusion duquel il dresse un bilan général du but poursuivi par le ministre de l’Education nationale qui est assimilable à un véritable « sabotage », dit-il, « on supprime tout ce qui pourrait viser à l’excellence, on masque l’effondrement du niveau en supprimant les redoublements, les notes chiffrées, les objectifs annuels et on augmente le bourrage de crâne idéologique par le biais des enseignements « transdisciplinaires » (…) L’école devient une gigantesque garderie, doublée d’une invrai- semblable usine à gaz. Sommé de travailler toujours plus « en équipe », l’individu doit se dissoudre dans la masse. Le professeur, pris dans toutes sortes de contraintes, perd sa liberté et l’élève se voit privé des moyens de devenir un sujet autonome, capable de réflexion et d’esprit critique ».

A la question C’est donc l’aboutissement d’un Mai 68 pédagogique comme on ne l’avait jamais cauchemardé ? Il répond : « Un Mai 68, oui, mais qui a la particularité d’être imposé d’en haut et de se poursuivre depuis des décennies, selon un plan de toute évidence conçu de longue date (déjà formulé en 1947 avec Langevin-Wallon) ». Un plan conçu dans quel but ? « A qui profite le crime, sinon au système, qui entend disposer d’une masse d’abrutis qu’il pourra manipuler à sa guise ».

Le constat peut paraître «  terrifiant », mais a le mérite d’être réaliste et lucide. Toutes les belles et bonnes consciences qui n’ont cessé, en apparence, de s’inquiéter de cette tragique évolution, parfois de la dénoncer avec une fausse fermeté, n’ont jamais rien effectué de concret pour enrayer la « machine infernale ». Nous prenons nommément à partie certains anciens ministres de l’Education, qui poussent aujourd’hui des cris d’orfraie : Jean-Pierre Chevènement, François Bayrou, Luc Ferry et combien d’autres, de « droite », de gauche, du  centre, du milieu ou d’ailleurs… Ils ont constaté, ils ont critiqué, ils ont annoncé monts et merveilles, pour quel résultat ? Inexistant, puisque qu’ils n’ont jamais eu les coudées franches pour modifier le plan du rouleau compresseur qui écrase les élèves depuis tant d’années pour les réduire à « une masse d’abrutis ». Tous les ministres qui se sont succédé à la tête de l’E.N. depuis 70 ans sont complices de cette réduction en esclavage de la majorité de nos contemporains, il ne faut tout de même pas l’oublier et avoir le courage de le dire !

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