Vincent Lambert : crime passionnel ou affaire d’Etat ?

Photo de Vincent Lambert
Vincent Lambert. Crédits photo : AFP
Au moment où la Cour Européenne des Droits de l’Homme vient de statuer sur le sort de Vincent Lambert, l’analyse des livres de Viviane Lambert et d’Eric Kariger est intéressante pour comprendre le fond de la question.
Le livre de Viviane Lambert est paru aux Éditions Plon au mois de février dernier. Celui d’Eric Kariger a été publié chez Bayard en janvier. Les titres des deux ouvrages sont déjà très révélateurs :
D’un côté la vie d’un homme, de l’autre « une affaire »…

Viviane Lambert s’exprime

En termes simples, son récit est court, haletant parfois, sans emphase, elle raconte ce qu’elle a vécu depuis deux ans, pour tenter de sauver la vie de son fils menacée par une décision médicale qu’elle conteste. La décision a toutes les apparences de la légalité, sauf que Vincent Lambert ne relève pas de cette légalité là (la loi Leonetti 2005), parce qu’il n’est pas en fin de vie.
L’accident grave initial du jeune homme – infirmier, marié, père d’une petite fille – remonte à 2008. Trauma crânien, coma, lourdes séquelles neurologiques : il est paralysé des quatre membres (tétraplégique), il ne peut déglutir et donc nourri par sonde gastrique, grabataire, incontinent… Il est dans un état de conscience minimale, sans pouvoir ni parler, ni exprimer ses sentiments, autrement que – parfois – des clignements des yeux ou des mouvements de tête.
La situation n’est pas brillante, et il n’y a guère d’espoir d’amélioration, mais il vit. Il vit, à condition qu’on l’alimente, non pas « artificiellement », mais par sonde gastrique qui permet de déposer directement les aliments dans l’estomac, qui sont alors parfaitement assimilés. La sonde est pour lui l’équivalent de la petite cuiller, utilisée pour les petits enfants après la fin de la période d’allaitement.
Vincent Lambert a besoin de kinésithérapie – non pas pour améliorer son fonctionnement cérébral !… – mais pour lutter contre les rétractions et l’atrophie musculaires, de massages pour l’entretien de la peau et prévenir les eschares, de soins intimes et de garnitures pour l’urine, les selles, etc.
Ces soins dispensés en milieu hospitalier coûtent cher, en personnel, en temps passé… Est-ce une raison pour les lui refuser ? Il y a actuellement en France environ 1500 personnes dans un état semblable.

C’est en avril 2013 que débute le cauchemar de la famille Lambert, quand les parents apprennent la décision du docteur Eric Kariger, dans le service duquel leur fils est hospitalisé depuis trois ans, de mettre en route « une procédure de fin de vie » en supprimant l’alimentation et en réduisant progressivement l’hydratation. La procédure est « collégiale », mais ils n’ont pas été prévenus… (non sans raison, puisque Kariger savait bien qu’ils s’y opposeraient, mais il a pris la décision avec l’approbation de Rachel, l’épouse). D’où un premier recours auprès du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, qui ordonnera la reprise de l’alimentation le 9 mai 2013, au nom du respect de la vie. En un mois, Vincent Lambert a perdu une dizaine de kilos… ce qui prouve une robuste constitution pour quelqu’un qui serait en fin de vie. Mais le tribunal de Châlons n’accède pas à la demande de transfert dans un autre service, ce qui eut pourtant été la bonne solution.

Une situation familiale compliquée

La famille Lambert n’est pas simple. Il y a sept enfants qui ne sont pas tous du « même lit », à cause du remariage des parents. Les parents Lambert, retraités, habitent en Provence à la campagne dans une grande maison où ils reçoivent leurs enfants l’été et pendant les vacances, y compris Rachel avant et après 2008. Ils ont longtemps habité Reims, où le docteur Pierre Lambert a été chef du service de gynécologie du Centre hospitalier. Mais il ne semble pas que l’attitude du docteur Kariger soit la conséquence d’un règlement de comptes confraternel… (« la confraternité : cette haine vigilante » disait feu le docteur Besançon…), ils ne sont pas de la même génération. Kariger fera seulement remarquer, au passage, à propos de Pierre Lambert, avec une bonne nuance de mépris, qu’il avait été un opposant à la loi Veil, ce qui est tout à son honneur. Il n’y a plus actuellement en France de gynécologues opposés à l’avortement, car on ne donne pas le diplôme à ceux qui refusent.

Il n’y a plus actuellement en France de gynécologues opposés à l’avortement, car on ne donne pas le diplôme à ceux qui refusent.

La décision prise par Kariger, est approuvée par Rachel Lambert. Elle ne fréquente plus ses beaux-parents depuis deux ans, elle a déménagé, habite en Belgique avec sa petite fille, mais son adresse est inconnue. Cinq des autres frères et sœurs ont pris son parti. Deux autres suivent les parents. C’est donc une famille déchirée, qui se trouve ainsi jetée en pâture aux journalistes, livrée aux décisions des juges : une situation dramatique. C’est tout ce contexte que décrit le livre de Viviane Lambert, avec une retenue qui force le respect.

Des soutiens extérieurs d’importance

Les parents Lambert ne sont pas sans conseils externes d’envergure. Il y a d’abord le talent juridique et oratoire de maître Jérôme Triomphe qui, par deux fois, a su persuader les magistrats de laisser vivre Vincent Lambert. Cette vie qui est – un peu comme celle des gladiateurs vaincus des jeux du cirque à Rome – suspendue au pouce levé, ou abaissé, de l’empereur…
Il y a aussi les soutiens médicaux. Celui du professeur Xavier Ducrocq, neurologue au CHU de Nancy, qui ne se prive pas d’accuser l’équipe médicale de Reims d’acte d’euthanasie, en suspendant l’alimentation de quelqu’un qui n’est pas en fin de vie : « Je frémis, comment une équipe médicale peut-elle supporter une telle situation ? » 1 Et de s’étonner, en tant que spécialiste neurologue, de l’insuffisance des investigations médicales menées par les experts de la Salpêtrière nommés par le Conseil d’Etat en 2014, qui n’ont, en particulier, pas fait pratiquer une IRM fonctionnelle chez Vincent Lambert.
Celui du docteur Bernard Jeanblanc qui dirige, en Alsace, une maison de santé spécialisée dans les patients pauci-relationnels, comme Vincent, et qui propose de le prendre en charge dans son service. Ce que les juges n’accorderont pas parce que Rachel s’y oppose.

Le pouvoir des juges

Viviane Lambert décrit tout cela, en trente petits chapitres tout simples, sans ressentiment malgré tous les coups encaissés… Sans s’étendre non plus sur sa foi catholique, qui charpente sa détermination à mener le combat pour sauver son « petit »… Elle parle et écrit, en mère, avec ses tripes !

Les deux référés au tribunal de Châlons, la reprise de l’alimentation et de l’espoir. La succession des réunions « collégiales », où tout est décidé d’avance. L’appel au Conseil d’Etat formulé par Rachel Lambert, que lui a conseillé le ministre de la Santé en personne : Marisol Touraine… en février 2014, qui va confirmer la décision de Kariger. Ce Conseil d’Etat que l’on sait à peu près capable de tout, et surtout de distordre le droit, comme par exemple d’interdire – pour complaire au Premier ministre – le spectacle d’un comique, avant même que le contenu du spectacle soit connu. Créant ainsi, en quelque sorte, une nouvelle notion juridique : celle du « délit supposé »…

Il faut lire ce livre pour comprendre la réalité du drame vécu par toute la famille Lambert, d’un côté comme de l’autre, et par l’horreur de cette « culture de mort » qui nous menace tous…

Puis le recours désespéré devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et l’enfermement policier de Vincent Lambert qui a suivi, dans une chambre fermée à clef, avec mille contraintes humiliantes pour certains de ses visiteurs.
Il faut lire ce livre pour comprendre la réalité du drame vécu par toute la famille Lambert, d’un côté comme de l’autre, et par l’horreur de cette « culture de mort » qui nous menace tous, nos familles, nos ascendants comme nos descendants, qui est mise en place par les politiques et les administratifs, et ordonnée par les juges.

Le docteur Eric Kariger, ancien chef de l'unité des soins palliatifs du CHU de Reims  © Daniel Fouray - MaxPPP
Le docteur Eric Kariger, ancien chef de l’unité des soins palliatifs du CHU de Reims © Daniel Fouray – MaxPPP

Le livre du docteur Eric Kariger est un entretien avec un journaliste du « Pèlerin ». Il débute par une courte préface, un peu comme dans les tragédies classiques, où la servante, le confident, placés là comme faire-valoir, exposent au public la situation dramatique où se trouve le héros :

« C’est vous-même Seigneur ! Quel important besoin
Vous a fait devancer l’aurore de si loin ?…
 » [2. Racine, Iphigénie]

« nous médecins sommes des défenseurs de vie »

Eric Kariger (photo) raconte alors comment il a été amené à s’occuper de Vincent Lambert, sa rencontre en 2011 avec Rachel pour laquelle il manifeste d’emblée une grande admiration : « elle accomplit un parcours remarquable, un « sans faute » (p. 25), plus loin il écrit « c’est une femme remarquable ». Puis il procède à une profession de foi pro-vie, se disant – comme Rachel – résolument opposé à l’euthanasie « nous médecins sommes des défenseurs de vie » (p. 31), mais que, taraudé par le doute, il explique pourquoi et comment il va faire le contraire. Plus loin, et tout au long du livre, il dira qu’il agit « en son âme et conscience ».

Le gros problème
de Kariger,

C’est qu’il n’existe, de la part de Vincent Lambert, aucune preuve, aucun témoignage écrit ni même oral, aucune trace d’une volonté qu’il aurait exprimé de ne pas vouloir vivre une vie d’handicapé, qui permettrait d’appliquer la loi Léonetti.
Si ce n’est l’affirmation, très sujette à caution et très tardive, de Rachel elle-même, qui apparaît là, quand même, un peu juge et partie…

Kariger se défausse alors sur le personnel soignant de son service pour fonder sa conviction selon laquelle Vincent aurait demandé à mourir. Les aides soignantes auraient interprété, chez ce grabataire aphasique, des grimaces de sa part auxquelles on pourrait conférer une valeur de preuve, ou de volonté, de vouloir en finir. Il appelle même Marcel Proust à la rescousse, inventant, de manière un peu sordide, des souvenirs d’enfance de Vincent, que lui aurait confié Rachel (p. 37 et 38). C’est pousser un peu loin l’art divinatoire.

Bref, il décide de mettre fin à la vie de Vincent Lambert, selon la procédure « collégiale » – une LATA (limitation et arrêt des traitement actifs) (p. 39) – sauf que Vincent n’a pas de traitement médical proprement dit, uniquement des soins infirmiers de conservation avec la nourriture. Et il va le faire en refilant la responsabilité de la décision aux autres, à l’équipe, à Rachel, à son ancien patron de Reims, le professeur François Blanchard, décision qu’il dit devoir alors assumer, toujours « en son âme et conscience » en tant que patron.

Le deuxième mensonge de Kariger

consiste dans l’affirmation que l’administration de l’eau et de l’alimentation par sonde gastrique serait de « l’acharnement thérapeutique ». Cette affirmation est déjà dans la première loi Leonetti, c’est le piège mortel introduit volontairement par Leonetti en 2005 et qu’il complétera en 2015 dix ans plus tard en ajoutant la « sédation terminale », pour éviter les hurlements des mourants… pour que « cela se passe bien », grâce à des calmants, administrés à doses nécessaires. C’est cela que Kariger, avec Leonetti et le Conseil d’Etat, appellent « accompagner les malades » !

Lorsqu’on cesse d’alimenter quelqu’un, quel que soit son état de santé, malade ou bien portant, il va forcément mourir, dans un délai assez rapide. Le père Kolbe à Auschwitz a mis neuf jours à mourir, emmuré par les nazis, dans une casemate de l’ancienne caserne de l’armée polonaise, avec une dizaine de compagnons qui récitaient le chapelet avec lui, en attendant la mort, il fut le dernier à mourir. L’arrêt de l’alimentation est forcément un arrêt de mort intentionnel, un acte d’euthanasie, l’alimentation par sonde n’ayant rien « d’artificiel ».

Le troisième mensonge de Kariger

concerne les parents Lambert, quand il affecte (p. 43) de ne pas être très au courant de leur existence, qu’ils ne viennent voir Vincent «  que quatre fois par an » , et que, pour justifier sa décision, il ajoute cet argument de poids « de toute façon ils ne seront pas d’accord. Ce sont des cathos intégristes ! » Autant dire une espèce de sous-hommes, dont l’avis ne compte pas, parce qu’ils sont assimilables à des nazis, des fanatiques, que sais-je encore ?

En fait Kariger, dès le début, a pris le parti de Rachel. Il a réussi – car il est manipulateur – à convaincre une partie des frères et sœurs de Vincent, à suivre ce parti. Il faut cependant bien comprendre la situation dramatique dans laquelle se trouve Rachel Lambert, avec ce mari, dont elle a une fille, sans aucun espoir d’avoir de lui d’autres enfants. Elle ne peut ni divorcer, ni se remarier. Elle est victime d’une situation sans autre solution, que d’attendre la mort de son mari… Alors la tentation est grande, un peu comme une grossesse « non désirée». Mais on ne saurait aller plus loin dans l’analyse des intentions. A partir de 2011/2012, Rachel s’éloigne de sa belle-famille, elle s’installe en Belgique, pour fuir, à juste titre, le harcèlement des journalistes.

Mais les « cathos-intégristes » que sont les parents, ne sont pas les seuls à s’attirer le mépris du docteur Kariger :

  • leur avocat, maître Jérôme Triomphe « proche du mouvement intégriste Civitas » (p. 52) qui a eu le culot de venir dans le service hospitalier – avec quelques raisons puisqu’il a fallu faire intervenir la Justice pour faire reprendre par deux fois l’alimentation de Vincent – vérifier de visu l’exécution de l’ordonnance du tribunal.
  • les magistrats eux-mêmes du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne sont voués aux gémonies : « un petit juge de province » (p. 49) « qui se permet de faire de la neurologie sans en avoir la compétence. Il se permet de décider… », etc.
  • le professeur Xavier Ducrocq – qui est quand même professeur de neurologie au CHU de Nancy – mais qui est disqualifié du simple fait qu’il conseille les parents Lambert et les soutient. « Il ne connaît pas le dossier… et se permet de juger d’une situation » (p. 97). De plus il aurait « violé le secret médical », une accusation piquante dans la bouche d’un médecin qui ne s’est pas privé pour étaler ses états d’âme devant les journalistes de tous bords, et leur livrer une famille en pâture.
  • il y a aussi Jeanne Smits, prise nommément à partie, parce qu’elle anime « un blog extrémiste et avec qui Viviane Lambert “très intégriste” entretient des relations étroites » (p. 94). Puis tout le monde y passe (p. 106) : le Salon Beige, Civitas, Présent, Radio Courtoisie, « tous ces médias intégristes ou de la droite extrême »… Kariger en reste à des clichés de haine basique sans remise à jour… et ne semble pas au courant que le Front National de Marine a depuis belle lurette renoncé à la défense de la vie.

Pour Kariger il n’y a qu’une pathologie grave à éradiquer le plus vite possible – avant même Vincent Lambert – c’est l’intégrisme catholique ! Car lui, il est un type bien, qui sait tout, et agit « en son âme et conscience ». Mais sa conscience est élastique… Le caractère soviétique des décisions « collégiales», prévues par la loi, qu’il a soigneusement organisé – en évitant la première fois les parents – ne lui apparaît pas. Il se présente, au fil des pages de son livre, comme le chevalier blanc du devoir accompli – (avec les félicitations chaleureuses des sœurs clarisses de Cormentreuil, les malheureuses, qu’il publie en annexe) – sans se rendre compte qu’il porte en croupe le squelette de la Mort et sa sinistre faux !

Kariger en reste à des clichés de haine basique sans remise à jour… pour lui, il n’y a qu’une pathologie grave à éradiquer le plus vite possible, c’est l’intégrisme catholique !

Il apparaît ainsi comme le prototype de ces catholiques modernistes fabriqués par Vatican II, rongés par le relativisme et le naturalisme, pour lesquels seuls comptent les sentiments et même leurs sentiments. Ces néo-catholiques qui n’ont jamais accepté Humanae Vitæ, parce qu’ils croyaient au monde, à l’évolution, au progrès… La sincérité leur faisant office de boussole, sans s’apercevoir que depuis longtemps ils n’ont plus de boussole. Il se vante d’être catholique pratiquant, mais n’assiste à la messe que quand cela lui chante. Il a fait une carrière politique exemplaire à l’UMP, vice-président du Conseil général de la Marne. Il est chef de service dans un CHU. Il est content de lui.

En réalité c’est un médiocre, et il est toujours dangereux de donner du pouvoir aux médiocres. A lire ce livre, on s’aperçoit qu’il n’est pas très intelligent. Il le dit lui-même, quand il rapporte ses difficultés scolaires, tout en se vantant d’être issu d’un milieu modeste, comme si c’était un argument… Enfant, il voulait être cuisinier, on se plait à regretter qu’il n’ait pas poursuivi dans cette voie, plutôt que de se lancer dans la médecine qui n’était pas faite pour lui. Un bachot réussi par surprise après deux redoublements successifs, la médecine décrochée de justesse après un travail considérable qui l’a épuisé. Une carrière hospitalière favorisée par un patron complaisant n’ayant probablement pas beaucoup de candidats à placer dans la « Santé Publique», alors que Kariger rêvait de gynécologie ou de cardiologie, sans évoquer bien sûr une agrégation qu’on ne donne pas à n’importe qui.

Eric Kariger n’est pas « une flèche », alors il ment, se retranche derrière les autres (« c’est pas moi, c’est l’équipe… »), se débine quand ça tourne mal. Comme le prouve sa fuite – qui sera peut-être salutaire pour Vincent Lambert – hors de l’arène, quand lâché par le directeur du CHU, qui l’a contraint à ne pas porter lui-même l’affaire devant le Conseil d’Etat en 2014, il a démissionné.

Une affaire d’État

Le 16 janvier 2014, pour la deuxième fois, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne suspend la décision « collégiale » de Kariger d’interrompre l’alimentation de Vincent Lambert. Mais il le fait de façon très solennelle, avec tous les juges du tribunal présents, en robe, ce n’est pas un « petit magistrat de province » qui a pris la décision, mais un tribunal au grand complet et indépendant. La décision va entraîner l’enfermement de Vincent Lambert dans sa chambre d’hôpital, avec des gardiens à la porte, des visites réglementées avec dépôt préalable dans le service des pièces d’identité des visiteurs, des brimades inutiles, sous le prétexte que les parents pourraient tenter « d’enlever » leur fils ! Les intégristes sont capables de tout ! La porte est toujours fermée, cadenassée, Vincent n’a toujours pas de massages ni de kiné. On se venge comme peut, c’est la marque des esprits faibles.

C’est alors que Rachel Lambert va faire appel au Conseil d’Etat, après avoir reçu un coup de téléphone personnel du ministre de la Santé, Marisol Touraine, pour l’y encourager. Le directeur du CHU de Reims, se voit contraint lui aussi de se joindre à cette démarche par son autorité de tutelle. C’est bien une affaire d’Etat, pour introduire – avec Leonetti – l’euthanasie dans la législation française, la promesse du président « normal », où Kariger aura été « l’idiot utile », qu’il fallait mettre en avant.


Post-Scriptum

Après l’arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme le 5 juin 2015, validant la procédure mise en place par le docteur Kariger, le combat continue selon maître Triomphe, car rien n’est encore perdu. pour plusieurs raisons :

  1. l’arrêt est un avis, il n’est pas contraignant.
  2. il ne concerne que la procédure Kariger. Celui-ci ayant quitté l’hôpital de Reims c’est un autre médecin qui va le prendre en charge. Il peut avoir une attitude différente d’une part, et de l’autre devra recommencer toute la procédure « collégiale ».
  3. enfin le verdict européen est loin de faire l’unanimité, car un certain nombre de juges s’illusionnent sur la nature des « Droits de l’Homme » qu’ils prennent pour un bouclier pour les faibles. Sur les douze juges de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, cinq ont aussitôt publié leur indignation devant la teneur du texte qui, disent-ils avec force, discrédite de façon définitive la Cour Européenne des Droits de l’Homme : « Nous regrettons que la Cour, avec cet arrêt, ait perdu le droit de porter le titre ci-dessus ».

Les signataires (les juges de Malte, Hongrie, Géorgie, Moldavie, Slovénie) sont presque tous issus des pays de l’est, qui ont souffert du communisme, juste retour des choses et formidable clin d’œil de l’Histoire.

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